En cette deuxième semaine de formation, nous commençons tous à prendre nos marques, à mieux connaitre les autres apprenants et à nous organiser en groupe de travail plus facilement. Les outils (Google Drive, Slack, Skype) commencent à être maîtrisés par la plupart des apprenants.
Malgré le fait de travailler à distance, le contact permanent avec les autres via Slack permet de ne pas décrocher et de ne pas se sentir seul face aux apprentissages. C’est motivant !

Cependant, quelques couacs ne tardent pas à faire leur apparition…

De l’utilité de consignes précises

En tant qu’ancienne enseignante, je peut être assez critique sur les aspects pédagogiques, et il y a un point sur lequel je suis particulièrement pointilleuse : les consignes. Venant du 1er degré, j’ai appris à être très exigeante vis-à-vis de la passation de consignes, qui doit être extrêmement rigoureuse, très concrète et très précise. Or là c’est tout l’inverse….

Nous devons travailler avec une consigne initiale qui n’est pas claire, et, pire, qui est modifiée en cours de route, à l’oral, en classe virtuelle, sans que l’info ne soit communiquée à tous les apprenants. Résultat : on ne sait pas exactement ce que l’on doit faire… De plus, les dates et modalités de rendu sont très floues voire inexistantes.
J’avoue ne pas bien comprendre ce manque de précision, car la passation de consignes est pourtant une base essentielle quand on est formateur. Nous avons tous, ce jour-là, perdu beaucoup de temps et d’énergie à essayer de déterminer ce que nous devions faire exactement.

Je me décide à demander au formateur en message privé quelques explications sur les consignes. Celui-ci me répond : “J’ai déjà répondu” puis m’envoie un copier-coller des consignes que nous avions déjà, en ajoutant “Les consignes me semblaient pourtant claires”.

Savoir reformuler

Je reste perplexe face à cette attitude, qui ne me semble ni pédagogue ni constructive : ce formateur ne connait visiblement pas l’art de reformuler, pourtant essentiel en pédagogie… Si l’apprenant demande des éclaircissements, c’est justement que quelque chose n’était pas clair, me semble-t-il ! Il faut savoir se remettre en question en tant que formateur, et se mettre à la place de l’apprenant. Si les consignes ne sont pas comprises, il n’y a pas de honte à se dire “Peut-être n’ai-je pas été clair” au lieu de penser que l’apprenant n’a pas fait l’effort de comprendre.
Copier-coller des consignes non comprises ne mène malheureusement à rien. Nous avons la sensation désagréable de passer pour des imbéciles qui ne lisent pas les consignes et/ou ne comprennent rien, et de faire perdre son temps à ce formateur, alors que l’on cherche juste à obtenir des consignes précises afin d’éviter de produire un contenu ne correspondant pas à ses attentes.

De couac occasionnel à souci récurrent

Malheureusement, force est de constater que ce souci de consignes sera plus ou moins récurrent tout au long de la formation.
Les consignes sont éparses : un peu sur le LMS, un peu sur le Slack, un peu à l’oral en classe virtuelle, un peu de précisions individuelles distillées aux élèves au gré des messages privés… Bref , beaucoup de bouche à oreille et de suppositions.

Cet incident me conforte dans ma conviction : il faut toujours prêter un soin extrême à la passation de consignes et à leur cohérence, et anticiper les questions concrètes des apprenants : date de rendu, sous quelle forme, quelle longueur/quantité de travail, etc.

Il faut formaliser ces consignes, les centraliser, et les écrire sur un seul et même document. Enfin, il faut prendre garde, si la consigne est modifiée en cours de route, à ce que l’information parvienne bien à tous les apprenants, afin de donner à tout le monde les même chances de réussite.